Psyche des résidents – Le bien-être des résidents

Psyche des résidents – Le bien-être des résidents

Le bien-être des résidents
Dre Hillary Bohler

La gratification différée : grâce à nos cortex préfrontaux bien développés, nous maîtrisons ce concept en médecine. Plusieurs d’entre nous ont consacré pendant une décennie ou plus de nombreuses heures à étudier ou à travailler dans un hôpital, le succès de nos efforts étant mesuré par le rendement scolaire. L’abnégation de soi, qui nous amène, notamment, à attendre quelques années avant de bâtir une relation amoureuse ou d’avoir des enfants, est très courante. Le temps que nous consacrons à notre vie personnelle est grandement influencé par les soins que nous prodiguons aux patients, les activités d’enseignement, la recherche et les responsabilités administratives. Il est difficile de « décrocher », et d’ignorer les courriels, les textos, les appels téléphoniques et les messages de notre téléavertisseur.

Si l’épuisement est courant, il n’est pas pour autant normal. Le taux de prévalence estimé d’épuisement professionnel chez les résidents s’élève à 50 %. Selon la Classification internationale des maladies (CIM-10) de l’OMF, l’épuisement professionnel est un « état d’épuisement vital » et comporte trois dimensions : l’épuisement affectif, la dépersonnalisation et l’impression de ne pas se réaliser. Les symptômes peuvent être physiques ou psychologiques. Pourquoi la question de l’épuisement professionnel est-elle si importante? Parce que, en fin de compte, nous souffrirons, comme nos patients.

La meilleure façon d’aborder l’épuisement professionnel est la prévention, laquelle consiste à maintenir le bien-être individuel. Le bien-être ne s’acquiert pas simplement en évitant les difficultés propres à la résidence; il se réalise plutôt en maintenant (ou en retrouvant) la maîtrise de sa vie eu égard à des exigences élevées. Les médecins doivent élaborer des stratégies concrètes pour atteindre l’équilibre travail-vie personnelle.

Certaines choses, qui relèvent du bon sens, peuvent être utiles, comme prendre soin de soi (p. ex., exercice, alimentation saine, méditation), accorder de l’importance au sommeil, prendre régulièrement des vacances ou une pause de la technologie, apprendre comment et quand dire non, engager quelqu’un pour s’occuper de la maison et établir ses limites personnelles. Cependant, nous sommes tous conscients que le yoga seul ne peut prévenir l’épuisement professionnel, pas plus que l’amélioration de nos conventions collectives (même si elle est bienvenue). L’épuisement professionnel prend un certain temps à s’installer; nous devons donc apprendre à demander de l’aide quand nous en avons besoin.

La nature de notre profession exige une formation rigoureuse, et nos patients sont en droit de bénéficier du fruit de nos efforts, en recevant des soins de qualité, prodigués par des praticiens compétents, dignes de confiance et en santé. Les attentes resteront élevées tout au long de notre carrière; commençons donc maintenant! Prendre soin de soi, ce n’est pas égoïste. Prenons le temps de faire ce qui nous rend heureux!

/ Psyche des résidents

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